D'abord les légumes, puis les glucides ?
L'ordre dans lequel on mange a-t-il une incidence sur la glycémie ?
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L'ordre de consommation des aliments, c'est-à-dire l'ordre délibéré dans lequel on les mange, a gagné en popularité ces dernières années. Sur les réseaux sociaux, par exemple, de nombreuses personnes font état d'une glycémie plus stable, d'une perte de poids et de bienfaits généraux pour la santé, en particulier chez les personnes atteintes de diabète de type 2. Mais ces effets peuvent-ils être étayés scientifiquement ? Des chercheurs du Centre allemand du diabète (DDZ) se sont penchés sur la question dans le cadre d’une revue systématique. Leur conclusion : l’ordre dans lequel les aliments sont consommés peut influencer l’évolution à court terme de la glycémie et du taux d’insuline après un repas. Cependant, les preuves à l’appui sont pour l’instant limitées, tout comme celles concernant une amélioration des valeurs à long terme.
Consommer les composants d’un repas dans un ordre précis est le principe de l’enchaînement des aliments. Par exemple, les aliments à faible indice glycémique, notamment les légumes ou la salade, sont consommés en premier, suivis des aliments riches en glucides et présentant un indice glycémique plus élevé, tels que le pain, le riz, les pommes de terre ou les pâtes. Cette séquence vise à atténuer la hausse de la glycémie après les repas et, selon certains experts du domaine de la santé et de la nutrition, pourrait donc également présenter un intérêt dans le contexte du diabète de type 2.
Le mécanisme présumé à l’origine du principe consistant à manger des légumes avant les glucides s’explique par la présence de fibres alimentaires dans les légumes. Lorsque les fibres atteignent en premier le tractus gastro-intestinal, elles peuvent ralentir l’absorption du glucose, un sucre simple présent dans les glucides. Afin d’évaluer dans quelle mesure cette hypothèse peut être étayée scientifiquement, des chercheurs du Centre allemand du diabète (DDZ) ont mené une revue systématique, évaluant 18 essais contrôlés randomisés menés chez des adultes et répondant aux critères stricts de sélection et de qualité de l’équipe.
Résultat : un ordre spécifique de consommation atténue dans un premier temps la hausse de la glycémie immédiatement après le repas
Les résultats montrent que la glycémie augmente initialement moins 30 et 60 minutes après le repas lorsque les légumes sont consommés avant les glucides. Cependant, après environ 120 minutes, les personnes qui ne respectent pas cet ordre présentent à nouveau des taux de glycémie plus bas que celles qui mangent selon le principe de l’ordre des aliments. Les taux d’insuline sont également initialement plus bas, mais augmentent plus fortement par la suite, ce qui pourrait indiquer que l’organisme sécrète davantage d’insuline à un stade ultérieur pour compenser la hausse retardée de la glycémie. « Les résultats montrent que l’ordre de consommation des aliments peut influencer la réponse métabolique à un repas à court terme. Cependant, cet effet ne se traduit pas par une réduction durable de la glycémie. C’est plutôt l’évolution dans le temps des taux de glycémie et d’insuline qui peut être modifiée », explique Katharina Kampmann-Gongoll, spécialiste en nutrition à l’Institut de biométrie et d’épidémiologie du DDZ.
Il existe également des premiers indices d’un effet possible sur la glycémie à jeun et la glycémie à long terme (HbA1c), également appelée « mémoire glycémique ». Chez les personnes atteintes de diabète de type 2, ces deux valeurs ont diminué davantage dans le groupe ayant consommé des légumes avant les glucides que dans le groupe témoin. Toutefois, cette conclusion repose sur une seule étude menée auprès de personnes atteintes de diabète de type 2, et cette étude présente également des limites méthodologiques. De plus, en ce qui concerne la glycémie à long terme, la quantité de légumes n’était pas identique entre les groupes ; il n’est donc pas possible de déterminer avec certitude si le changement observé était effectivement dû à l’ordre de consommation des aliments ou à un apport global plus élevé en légumes.
Pertinence limitée des résultats – en particulier pour les personnes atteintes de diabète de type 2
Aucune recommandation générale concernant l’ordre de consommation des aliments ne peut être tirée de ces résultats, en particulier pour les personnes atteintes de diabète de type 2, souligne le Dr Alexander Lang, chercheur postdoctoral à l’Institut de biométrie et d’épidémiologie du DDZ : « Les études comptaient souvent peu de participants et testaient différents types de légumes dans des ordres variés. De plus, la plupart des études ont été menées au Japon, souvent auprès de personnes jeunes et en bonne santé. Étant donné que la réponse glycémique à un repas peut varier d’un groupe de population à l’autre, les résultats ne peuvent pas être transposés sans autre à d’autres groupes, tels que les personnes âgées ou celles atteintes de prédiabète et de diabète de type 2. »
Le professeur Michael Roden, directeur scientifique et porte-parole du conseil d’administration du DDZ, ainsi que directeur du service d’endocrinologie et de diabétologie de l’hôpital universitaire de Düsseldorf, souligne l’importance d’autres facteurs alimentaires dont l’influence sur la glycémie, et donc sur l’évolution du diabète de type 2, est scientifiquement établie : « Outre la qualité des aliments et la composition des repas, un apport calorique adapté est également important – tout comme la réduction de l’apport calorique en cas de surpoids. » Afin de pouvoir formuler à l’avenir des recommandations orientées vers la pratique, les chercheurs estiment qu’il serait utile de mener des études utilisant des méthodes de mesure uniformes et incluant davantage de personnes atteintes de prédiabète et de diabète de type 2, ainsi que provenant de différents groupes de population.
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