Comment renforcer la résilience de l'agriculture : une nouvelle étude met en évidence les avantages de la diversification des cultures dans les grandes cultures

La répartition spatiale des parcelles avec intégration du soja protège mieux les exploitations que la rotation des cultures

25.06.2026
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Quelles stratégies de culture permettent aux exploitations agricoles de mieux faire face aux risques liés aux rendements, résultant du changement climatique et de la volatilité des prix sur le marché des produits agricoles ? Une étude du ZALF montre, à l'aide de simulations, que les exploitations peuvent réduire considérablement leur risque de perte de revenus en misant sur la diversification, c'est-à-dire sur des méthodes de culture plus variées. L'étude a examiné l'effet des rotations culturales diversifiées ainsi que de la culture sur de petites surfaces, sous la forme de la « culture en bandes » ou du morcellement des parcelles. Outre les risques liés à la production, l'étude prend également en compte l'influence croissante, mais souvent négligée, des risques de marché sur les revenus agricoles.

L’agriculture dépend fortement des conditions météorologiques. Les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que la sécheresse et les fortes pluies, peuvent entraîner une baisse des revenus des exploitations, voire des pertes. Parallèlement, les revenus agricoles dépendent également de l’évolution du marché mondial, notamment des fluctuations des prix des céréales ou des engrais. L’étude, publiée dans la revue spécialisée Agricultural Systems, montre que les agriculteurs qui ne cultivent qu’un nombre restreint de cultures sont exposés au risque le plus élevé, tant au regard des aléas climatiques que de l’évolution des prix.

L'étude a porté sur neuf exploitations agricoles représentatives de l'est de l'Allemagne, présentant des caractéristiques variées. Les exploitations étudiées sont situées dans les districts de Märkisch-Oderland et d'Oder-Spree, dans le Brandebourg. Cette région compte parmi les plus arides d’Allemagne et est donc particulièrement touchée par les risques climatiques tels que la sécheresse. À l’aide d’un modèle, trois stratégies de diversification différentes ont été comparées pour ces exploitations, en s’appuyant sur des pratiques culturales établies. Les stratégies de diversification mettaient l’accent sur l’intégration du soja.

La diversification temporelle sous forme de rotations culturales variées, c’est-à-dire la culture de plantes différentes sur plusieurs années, le morcellement : division des champs en parcelles plus petites et culture de différentes plantes, et la culture en bandes : division des champs en bandes de 12 mètres de large, plantées différemment, sur lesquelles plusieurs cultures d’une même rotation poussent côte à côte.

La largeur des bandes dans la culture en bandes est adaptée à la largeur de travail typique de nombreuses machines agricoles. L’exploitation n’a ainsi pas besoin d’acquérir de matériel supplémentaire.

Ces trois stratégies de diversification ont été comparées à des rotations de cultures restreintes, composées principalement de céréales, de colza et de maïs d'ensilage. Contrairement aux méthodes diversifiées, ces systèmes de culture ne comprenaient pas de légumineuses, telles que le soja.

Résultat : les risques sont mieux répartis dans le cadre des pratiques culturales diversifiées. Si une plante pousse mal, d’autres cultures peuvent compenser ce déficit.

La culture en bandes offre de grandes opportunités, mais présente également des défis

La diversification réduit systématiquement le risque économique par rapport aux rotations étroites et aux monocultures, la subdivision en sous-parcelles et la culture en bandes s’avérant plus efficaces que la diversification temporelle. Le morcellement des champs en petites parcelles, en particulier, a considérablement réduit le risque, parfois de plus de 200 euros par hectare par rapport aux pertes potentielles lors des années difficiles. Dans le même temps, le revenu attendu est resté stable.

La culture en bandes a réduit le risque économique, mais, contrairement au morcellement, elle s’est accompagnée de pertes de revenus. Elle exige davantage de main-d’œuvre et n’est donc pas rentable sur toutes les surfaces, car les machines ne peuvent pas travailler aussi rapidement et doivent faire demi-tour plus souvent. Il en résulte davantage de bordures de champ, qui peuvent être exploitées de manière moins efficace. Dans le même temps, des avantages écologiques ont toutefois été observés, tels que la promotion de la biodiversité.

Dans le cadre de cette étude, une prime d’un genre nouveau, qui n’existe pas encore sous cette forme, a donc été testée dans le modèle de calcul. Les aides à la surface prévues par la PAC 2023 actuelle ont été remplacées par un paiement théorique versé aux exploitations, dont le montant est calculé en fonction de la longueur des bordures de champ. L’objectif est donc d’encourager la création de parcelles plus petites. Ce paiement pourrait être financé par des fonds européens et serait sans incidence sur le budget de l’État. Avec une aide de 1,50 euro par 100 m de longueur de bordure de champ, les revenus liés à la culture en bandes ont pu être maintenus à un niveau stable pour toutes les exploitations, tandis que le risque économique a considérablement diminué

« Nos résultats montrent que la diversité spatiale au sein du champ, c’est-à-dire la culture simultanée de différentes espèces, constitue un moyen efficace de faire face aux risques climatiques, car chaque culture réagit différemment à la sécheresse ou à la chaleur. C’est également une stratégie face aux risques liés au marché : si le prix du blé venait à baisser, une exploitation recourant à des pratiques culturales diversifiées serait mieux à même de compenser cette baisse et de générer les revenus nécessaires, par exemple grâce à la récolte de soja. Il est important de mettre en place un cadre politique favorisant de telles pratiques culturales », explique la Dr Hannah v. Czettritz, chercheuse au ZALF et autrice principale de l’étude.

Pourquoi ces résultats sont-ils importants pour la société ?

L’étude montre clairement que l’agriculture devra miser davantage sur la diversité à l’avenir. D’ici 2050, les besoins alimentaires augmenteront en raison de la croissance démographique mondiale. Parallèlement, les risques climatiques et les incertitudes géopolitiques s’accentuent. Des stratégies telles que la culture de diverses variétés dans les grandes cultures peuvent contribuer à stabiliser les récoltes et à garantir l’approvisionnement.

La nouveauté de cette étude réside dans le fait qu’elle prend en compte non seulement les pertes de récoltes liées au climat, mais aussi les fluctuations des prix des produits agricoles sur le marché. Les chercheurs ont travaillé avec le modèle d’exploitation bioéconomique MODAM (Multi-Objective Decision support tool for Agro-ecosystem Management). Ce modèle informatique intègre les fluctuations de rendement des cultures ainsi que des simulations des variations des prix des plantes et des engrais sur le marché. Dans le cadre de cette étude, différentes combinaisons de conditions météorologiques, de prix et de systèmes de culture ont été analysées sur une période de 30 ans.

Les chercheurs soulignent toutefois certaines limites. Ainsi, le modèle ne tient pas compte, par exemple, des événements météorologiques extrêmes ni de la répartition de la charge de travail supplémentaire au cours de l’année. De plus, d’autres utilisations des terres, telles que l’élevage ou la production de biogaz, n’ont pas été intégrées dans la modélisation.

Les résultats montrent que les mesures politiques jouent un rôle important. Des programmes de soutien, tels que la prime testée dans l’étude et destinée à encourager les petites parcelles, pourraient aider les agricultrices et agriculteurs à mettre en œuvre de nouveaux systèmes de culture. À long terme, des systèmes de culture plus diversifiés pourraient non seulement réduire les risques liés aux revenus pour les exploitations, mais aussi renforcer l’environnement et la biodiversité. Parallèlement, d’autres études sont nécessaires pour clarifier des questions pratiques, par exemple concernant les coûts, la charge de travail et les solutions techniques, telles que les machines automatisées.




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